concert et opéras

Mam’zelle Nitouche, du rire sans éclat

Le parti pris de donner l’œuvre dans son contexte d’origine n’en rendait que plus saillant le comique de situation

Une rare opérette à Rouen

Représentation du 30 novembre 20 heures – Théâtre des Arts, orchestre de l’opéra, direction Christophe Grapperon, mise en scène Pierre-André Weitz

Le temps où les opérettes scandaient la vie musicale rouennaise, à l’opéra comme dans ce théâtre proche de la place des Carmes est bien révolu et un vaudeville-opérette est devenu un évènement sur nos bords de seine. Pourtant, le théâtre des Arts n’était pas plein pour venir voir cette pièce d’Hervé, qui insuffla en son temps une mode et fit tant de profit dans l’opérette comme dans d’autres genres. Le parti pris de donner l’œuvre dans son contexte d’origine n’en rendait que plus saillant le comique de situation à la fois burlesque et bouffon. Pour autant, la mise en scène demeurait lourde et malgré le rythme de l’écriture et des gags, semblait traîner en longueur, d’autant plus que les pas, les danses n’étaient pas correctement réglés, laissant une décevante impression d’amateurisme. L’orchestre, relégué au second rang était pour ainsi dire inexistant, malgré sa bonne qualité d’interprétation, mais non sans lourdeur lui aussi. Le comique de situation, l’intrigue suffisaient cependant à porter le rire et la détente d’un public amusé et conquis par de très belle voix, toutes parfaitement posées qui ont pu tirer vers le haut un spectacle que menaçait réellement l’ennui. 

Cyril Brun