entretien -dossier

Big Band Christian Garros, à la rencontre du Jazz – Comprendre le Jazz pour mieux entrer dans l’impro !

A l’occasion de la 4ème édition de Jazz in Mars, à Bois-Guillaume, nous avons rencontré Philippe Carment, pianiste du Big Band Christian Garros. Grande formation rouennaise qui fera l’ouverture et la clôture de ce festival de Jazz aux contours aussi professionnels que bon enfant.

Rouen Sur Scène – Philippe Carment, vous êtes le pianiste et un des piliers du Big Band Christian Garros. Un ensemble fondé en 1978 par un des plus grands batteurs de Jazz européen de l’époque.

Philippe Carment – Oui, en 1978, Christian Garros, rouennais d’origine, revient dans sa ville natale et fonde une école d’improvisation ainsi qu’un grand orchestre qui a connu beaucoup de succès, sous différents noms. A la mort prématurée et rapide de son fondateur, en 1988, l’équipe a décidé de reprendre le flambeau et de donner au big band le nom de Christian Garros. Aujourd’hui la formation se compose de quatre trompettes, quatre trombones, trois musiciens à la rythmique, cinq saxophonistes et une chanteuse. Certains sont amateurs, d’autres pro ou semi-pro. En plus de donner une dizaine de concerts chaque année, nous organisons des animations dans certains collèges, à raison de deux séances d’une heure trente en quintet qui débouchent sur un concert rassemblant tous les collégiens.

RSS – Parmi ces concerts, il y en a eu un qui fut à l’origine de ce qui est devenu Jazz in mars.

PC. – En effet, il y a cinq ans nous avons été invités à donner un concert en hommage à Ella Fitzgerald. Devant le succès de cette soirée unique, la municipalité a décidé l’année suivante de doubler la soirée. Et aujourd’hui c’est un véritable festival qui joue à  guichets fermés.

RSS- Quel seront le programme et les invités de ces deux soirées ?

PC. – Le dernier soir c’est un peu la fête finale. C’est pourquoi nous avons prévu un programme surtout festif et dansant. Nous avons 3 invités exceptionnels, à commencer par le jeune trompettiste Fabien Mary, issu de la région rouennaise, qui vient de recevoir par l’Académie du Jazz le prix du meilleur disque de jazz français 2018 avec son CD intitulé « Left arm blues ».  Fabien a reçu également la Victoire de la musique avec le Paris Jazz Big Band (2005), un Django D’or avec le Paris Jazz Big Band (2005) et le Prix du disque Français de l’académie du Jazz avec Laurent Courthaliac en 2016.

Pour lui donner la réponse, André Villéger, un des meilleurs sax ténors français, une référence ! Et, avec eux, le batteur François Laudet, le batteur de big band par excellence qui a notamment accompagné l’orchestre de Count Basie en Europe !

En ouverture, le vendredi 22, nous avons invité le claquettiste Fabien Ruiz, qui a notamment fait la chorégraphie du film « The Artist » avec Jean Dujardin. En seconde partie le saxophoniste Michel Pastre, fameux ténor qui swingue avec un gros son formidable !

RSS- Rouen en particulier et la Normandie en général sont une terre « jazzfriendly ». De nombreux concerts sont programmés, il existe plusieurs festivals. Le Conservatoire de Rouen est de mieux en mieux placé sur la scène internationale pour ses classes de Jazz. Sans pouvoir sans doute expliquer cet engouement normand, peut-être pourriez-vous nous donner quelques clefs de compréhension du Jazz ?

PC. – C’est une musique avant tout de liberté, ouverte sur l’improvisation. C’est une musique de fusion, née en Louisiane : une rencontre entre notre musique tonale et la musique africaine qui a apporté la fièvre du swing ! La polyrythmie africaine a le pouvoir de mettre en transe, de s’évader, et de nous mettre dans une sorte d’état hypnotique nous permettant de nous surpasser quand nous improvisons.

RSS – Et concrètement, comment cela fonctionne ?  Le Jazz est construit, ce n’est pas anarchique ?

PC.- C’est très construit !  On part d’un thème de 32 mesures le plus souvent. On garde la structure harmonique du thème pour improviser. Il y a les bases harmoniques, les bases rythmiques, il y a aussi la couleur du blues, musique des esclaves qui exprimaient leurs souffrances pour les transcender  en bien-être.

RSS – Le jazz n’est pas monomythe. Il n’y a pas qu’un Jazz, comme il n’y a pas qu’un style en musique dite classique.

PC. – Oui bien entendu. Il y a maintenant un siècle de Jazz. Le premier est celui de la Nouvelle Orléans des années 1900. C’est le style Armstrong, Bechet, Jelly Roll Morton. Dans les années 1925, le Jazz est devenu populaire. C’est l’époque des orchestres de danses jazz, des big band comme des petites formations. C’est l’époque Benny Goodman, Count Basie, Duke Ellington par exemples. Puis dans les années 30/40 c’est le temps du Be-bop, avec Charlie Parker. Après, de nombreux musiciens novateurs apportent leurs propres styles, comme Coltrane ou Miles Davis par exemple.

Informations pratiques

Rendez-vous sur http://www.ville-bois-guillaume.fr/festival-jazz-in-mars

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