concert et opéras

Jazz in Mars quand le swing claque !

Vendredi soir Jazz in Mars ouvrait à guichets fermés pour tous les concerts (sauf un), avec trois invités. Le local de l’étape, le big band Christian Garros et deux artistes de renommée mondiale, Michel Plastre au saxophone ténor et Fabien Ruiz aux claquettes, pour un concert à la fois tonique et pédagogique. Avec Philippe Carment (voir notre interview) et les musiciens du Big Band, c’est un voyage au cœur de l’histoire du jazz et particulièrement du Jazz de la Nouvelle Orléans. Interprétations, mais aussi explications anecdotes, les concerts jazz c’est aussi et d’abord en famille que ça se passe. Une passion partagée du tréfond des instruments, mais aussi par la pédagogie simple et pleine d’humour. Que l’ensemble des artistes me pardonne, mais c’est Fabien Ruiz qui a dominé toute cette soirée, lui donnant l’originalité de la rareté, la grâce de l’excellence et la finesse qui parfois a pu faire défaut. Il y a deux lignes de swing pourrait-on dire. Une ligne à tendance horizontale qui avance en marquant les accents vers le bas et laissant retomber les notes et fins de phrases. Considérée comme un défaut quand c’est involontaire, c’est aussi un style, notamment pour les interprétations graves ou processionnaires. L’autre au contraire, se veut plus pétillante et semble comme lancer toutes les notes vers le haut comme s’il n’y avait dans une balle que l’impulsion du rebond. De part en part l’interprétation donnée par le Big Band Christian Garros tenait de la première, ce qui alourdit un ensemble pourtant tonique et vivant quoique souvent approximatif dans le détail, comme si les musiciens s’en donnant à cœur joie d’une passion communicative, ne jouaient pas le même swing.

Sur cette base orchestrale joviale, Michel Plastre faisait swinguer son instrument comme la salle avec un pétillement digne du traditionnel champagne à trois euros du festival. C’est dans cette ligne de fines bulles que Fabien Ruiz donna le rythme à la soirée, faisant de ses claquettes une des percussions centrales de l’orchestre. Précision, finesse, nuances, tempi le tout en impro permanente pour une paire de pieds époustouflante, tapant la blanche comme la croche sur toute l’étendue du métronome.

Cyril Brun

Concert entendu le 22 mars 2019

Vend maison proche de Rouen
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